ÉCOUTER L’HUÎTRE
« Que perçoit l’huître ? Comment son monde résonne-t-il à travers les vibrations sonores qu’elle absorbe ? En nous plaçant au point d’écoute de l’huître, que pouvons-nous comprendre de notre empreinte sur un territoire dit naturel tel que celui de l’étang de Thau et sur notre relation au vivant ? »
S. Volny (2024)
ÉCOUTER L’HUÎTRE
Terrain: Etang de Thau (Sète et Bouzigues)
10 > 16 NOVEMBRE 2024
Présentation publique:
Vendredi 15 novembre 2024 à Sète et Bouzigues.
Artiste invitée: Sandra Volny
Hypothèse de travail proposée par Sandra Volny : Que perçoit l’huître ? Comment son monde résonne-t-il à travers les vibrations sonores qu’elle absorbe ? En nous plaçant au point d’écoute de l’huître, que pouvons-nous comprendre de notre empreinte sur un territoire dit naturel tel que celui de l’étang de Thau et sur notre relation au vivant ?
Afin d’explorer ces questions, nous pratiquerons une écoute attentive et curieuse, en quête du point d’écoute singulier de l’huître. En adoptant sa perspective, nous questionnerons le territoire, ses métamorphoses, et ses empreintes laissées par le temps. Cette approche nous invitera à écouter l’huître non seulement comme un témoin silencieux, mais aussi comme un partenaire capable de nous révéler des récits cachés sur nos liens avec le vivant et nos interactions avec l’environnement. L’écoute devient alors un chemin par lequel s’élèvent les voix du lieu, un murmure qui nous dévoile ses transformations, ses contaminations et peut-être, ses futurs possibles.
L’huître, avec sa forme qui évoque celle de l’oreille, ne fait pas que rappeler ce sens : elle l’incarne. Selon les recherches menées par l’équipe du physiologiste Jean-Charles Massabuau, directeur de recherche au CNRS à l’Université de Bordeaux, l’huître perçoit les vibrations de l’océan et réagit même à la pollution sonore. Ce mollusque est ainsi particulièrement sensible aux variations de son environnement acoustique, un aspect souvent méconnu de sa biologie. En captant ces vibrations, l’huître peut non seulement nous informer sur la qualité de son habitat, mais aussi offrir une perspective précieuse sur les impacts de l’activité humaine sur les écosystèmes marins.
Pour tendre l’oreille aux huîtres de l’étang de Thau, nous adopterons une approche entre recherche et création. Au fil de divers exercices stimulant nos capacités d’attention, nous affinerons notre conscience auditive des paysages sonores. L’écoute sera le cœur battant de cette semaine, une pratique d’immersion dans l’environnement sonore, où nous chercherons à redéfinir notre rapport au monde et aux autres êtres vivants.
Il ne s’agira pas seulement d’écouter, mais d’écouter l’écoute elle-même—de prêter attention au vivant qui écoute, et d’amplifier les récits qu’il véhicule. En percevant ce que les huîtres perçoivent, nous explorerons ce qu’elles peuvent nous dévoiler sur le territoire, sa culture, ses transformations, et ses contaminations.
ÉQUIPE
Coordination pédagogique: Pierre Baumann, Elina Moreno et Océane Maireaux.
Avec Candice Bonnin, Ghazal Chantout, Ambre Chauvel, Lucie De Clercq, Maxime Gueche, Mélinda Guilbert, Corentin Heraud, Farah Mazouz, Laila Nadri, Mya Wanner, étudiantes de Master 2 arts plastiques UBM.
PARTENARIAT
Section Arts Plastiques UBM, MSH Bordeaux.